Malgré l'autorisation d'ouvrir, les ateliers ne voient ni clients ni pièces détachées leur parvenir. Et contrôle technique comme permis de conduire sont en panne.
Il y a les grands réseaux et les autres, cette multitude de petites entreprises à caractère souvent artisanal dont la proximité des clientèles privilégie un lien commercial étroit. Mais justement, coronavirus oblige, c'est ce lien qui a été distendu de fait par les mesures de précaution instaurées par le gouvernement et un confinement auquel n'échappent pas ceux qui ont la nécessité de faire inspecter ou réparer un véhicule.
Dans le souci d'assurer la continuité du transport individuel, de facto reconnu comme essentiel à la survie du pays, les pouvoirs publics ont prévu de laisser les ateliers de réparation automobile ouverts. Une sage précaution. Mais ils n'ont pas imaginé la façon de s'y rendre. En effet, parmi les cinq cas proposés par la dérogation de déplacement obligatoire, beaucoup impliquent l'usage d'un transport individuel. Mais aucune case ne permet de justifier une réparation automobile urgente.
On se déplace donc en infraction ou on ne se déplace pas. Et la voiture, faute d'être remise en état, peut clouer au domicile, en campagne notamment, un usager confiné qui n'a, le plus souvent, pas d'autre moyen de transport pour faire ses courses ou aller consulter un médecin. Dès lors, il y a des ateliers ouverts d'un côté, mais vides, parce que de l'autre les éventuels clients n'ont pas le droit de s'y rendre. C'est, résumé ici, toute la complexité actuelle du confinement.
Conséquence, après une semaine de confinement qui, on le redoute, va durer, 67 % des entreprises artisanales de l'automobile pourtant autorisées ont été contraintes de fermer leurs portes. De ce fait, 3/4 de leurs salariés sont au chômage partiel, chiffres établis par une enquête menée le 19 mars 2020 auprès de ses adhérents par la Fédération nationale des artisans de l'automobile (FNA). Des informations « terrain » remontées de 1 090 TPE sondées permettant de mesurer l'impact de la crise sanitaire du Covid-19.
Chiffre d'affaires en chute de 80 %
Les raisons principales de ces fermetures sont la quasi-absence de clients et la non-disponibilité des pièces de rechange nécessaires à la réparation. Il reste donc « 33 % des entreprises à maintenir malgré tout leur offre de services plutôt en partie qu'en totalité, même si leur chiffre d'affaires a fondu. Parmi celles-ci, 20 % ont conservé une partie de leurs activités sur site, 7 % sont ouvertes à 100 % et 6 % n'ont pu maintenir qu'un service d'urgence », commente la FNA.
Les artisans de l'automobile vont donc eux aussi, en dépit des autorisations d'exercer dont les deux tiers bénéficient, souffrir de cette crise sanitaire.
« En moyenne, relève la FNA, le secteur a subi une perte de chiffre d'affaires de 79,9 %. En corollaire, un chiffre retient particulièrement notre attention : 74 % des salariés du secteur sont au chômage partiel. La question de l'indemnisation du chômage partiel est par conséquent cruciale et tous attendent que l'État respecte ses engagements (« protéger nos entreprises quoi qu'il en coûte » propos d'Emmanuel Macron du 12 mars 2020)."
Dans le détail, et selon les spécialités, les professionnels restent mobilisés pour assurer les services d'urgence. Le dépannage-remorquage est assuré à 31 % avec une astreinte pour les services d'urgence qui concerne 68 % des dépanneurs.
Arrivée à l'atelier, la voiture n'est pas sauvée pour autant. Elle pourra être prise en charge dans 42 % des cas seulement, à condition que les pièces soient disponibles. Le niveau d'implication des ateliers varie en effet de 20 % qui ne tiennent qu'un service d'urgence sous forme d'astreinte à 6 % seulement qui assurent toutes leurs activités sur site. Mais se pose, au-delà des gestes de sécurité, la protection des mécaniciens et réparateurs qui manquent de gants et de solution hydroalcoolique.
40 jours pour le contrôle technique

Enfin, le contrôle technique, certes obligatoire, se heurte lui aussi aux interdictions de se déplacer. Et, comme nous l'avons dit, une intervention ou un contrôle ne font pas partie des priorités prévues par la dérogation au confinement. Dès lors, la fréquentation des centres de contrôle est en chute libre, au point que 12,5 % d'entre eux restent ouverts partiellement. Encore faut-il savoir lesquels, la mise en place d'un numéro vert n'étant pas acquise. Cela veut dire que les contrôles parvenus à leur date d'échéance ne seront, en général, pas effectués et c'est la raison pour laquelle les contrôleurs demandent un report de 40 jours pour les visites et les contre-visites, le temps de laisser passer la crise.
Quant aux activités de vente VN/VO, elles sont au point mort, certains concessionnaires ayant fermé leurs lieux d'exposition. Pour les écoles de conduite, exposées à une proximité trop grande des passagers à l'intérieur d'un habitacle, l'activité est tombée à zéro, en subissant une obligation légale de fermeture. On pourra tout juste réviser son code sur Internet et espérer que des places d'examen se dégageront en conséquence lorsque l'alerte sera levée.
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